MAROC : thérapies de soutien

en visioconférence

Quand on prend rendez-vous chez un psy, on aime bien savoir à qui on a affaire. Commençons donc par faire connaissance. Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours professionnel ?

 Je suis issu du monde de la communication. J'ai commencé ma carrière dans le journalisme au quotidien Le Progrès de Lyon. J'ai ensuite occupé les fonctions d'attaché de presse. J'ai participé à la création d'une radio que j'ai dirigée et dont j'ai assuré la présentation des journaux du matin pendant plusieurs années. Pendant 15 ans, j'ai été Directeur de cabinet et Directeur de la communication de personnalités politiques d'influence locale ou d'envergure nationale ; j'ai aidé des maires, conseillers généraux, députés, secrétaires d'état et ministre à mieux communiquer avec les citoyens.
Parallèlement, j'ai animé des séminaires de communication et d'optimisation des performances pour des particuliers, des étudiants, des enseignants, des dirigeants et du personnel d'entreprises, des cadres de collectivités territoriales. J'ai fondé l'Institut Européen de la Performance et dispensé pendant 10 ans les séminaires "Performance Majeure", destinés aux adolescents. Et puis, je suis revenu à mes premières amours, des amours qui ne m'ont jamais quitté depuis l'adolescence : la psychanalyse, la psychothérapie, et l'hypnose. Depuis 25 ans, je vis et j'exerce à Cannes, mais j'ai dispensé des formations en Belgique, en Suisse, au Maroc, aussi bien qu'un peu partout en France.

Pourquoi cette attirance pour le Maroc ?

Cela a été ma première destination de vacances lorsque j'avais moins de 20 ans. Je suis tombé amoureux de ce pays. J'y suis ensuite retourné plusieurs fois, jusqu'au Sud, là où Saint-Exupéry avait atterri. Et puis, j'ai commencé à enseigner sur place, essentiellement l'hypnose clinique. Je m'y suis fait des amis chers à Casablanca, à Fès, à Marrakech, et ailleurs encore. J'ai formé des médecins, psychologues, sages-femmes, infirmiers. J'ai été invité au congrès des anesthésistes réanimateurs de Fès en 2016 pour présenter les techniques d'hypnoanalyse, ainsi qu'à la Transe hypnotique la même année. J'y ai conduit plusieurs missions humanitaires, à Midelt notamment.

Et vous supervisez des professionnels...

Oui, je conserve un lien avec les professionnels de la santé et de la relation d'aide de ce pays à travers les supervisions de praticiens en visioconférence. C'est une forme de transmission et d'accompagnement qui m'est chère. Je supervise des psychologues, des psychothérapeutes, de jeunes psychanalystes... C'est quelque chose de très vivant et je m'y consacre de plus en plus.

Et vous ouvrez maintenant la visioconférence aux thérapies de soutien avec les Marocains qui en ont besoin...

Tout à fait. Autant, mon orthodoxie ne me conduira jamais à accompagner une personne en psychanalyse traditionnelle, autant la visioconférence s'avère un bon outil pour les thérapies de soutien. Et il y a une forte demande pour ce type d'accompagnement. Je suis de plus en plus souvent sollicité par des personnes en souffrance psychologique, pour des raisons très diverses, par mail ou par les messageries vocales. Et ce ne sont pas que des urbains qui demandent de l'aide, il y a aussi beaucoup de ruraux qui n'ont pas la possibilité de consulter un professionnel de la santé psychique proche de chez eux. Pour cette raison aussi, la visioconférence est un outil précieux.

Les Marocains sont pourtant éduqués dans le tabou de l'épanchement...

C'est vrai, mais c'est en train de changer. Culturellement, des générations entières ont été élevées avec la consigne de ne pas parler de soi, de taire ses émotions. Silence et pudeur ont posé une chape de plomb qui a conduit à beaucoup de souffrances. Eh bien, désormais, la parole se libère, les gens ont besoin de parler et d'être écoutés. Mais pas seulement, car lorsque je parle d'écoute, il ne s'agit pas pour le praticien d'être seulement une oreille attentive ; il s'agit d'aider la personne à éclairer, à comprendre, à inventer des solutions, à faire preuve d'audace, de courage pour franchir un pas qu'elle n'était pas capable de franchir. La thérapie libère, c'est sa vocation.

Tous les âges sont concernés ?

Absolument, de l'adolescente à la personne âgée, et aucune couche sociale n'est laissée de côté.

Mais le problème d'argent !...

L'argent n'a pas à être un problème. Il y a au Maroc des couches sociales parfaitement à même de régler des consultations d'un montant équivalent au montant en France. Et lorsque la personne ne peut pas occasionner une telle dépense, eh bien j'adapte le montant à ses possibilités financières. Le but est bien de permettre à chacun et chacune de pouvoir accéder à davantage de liberté et de paix intérieure.