Consultation en pleine brousse,
à 40 kilomètres de BRAZZA


Consultation au MUST, le local prêté par Madame LIGNELET. Claudine est à mes côtés et se familiarise avec l'ostéopathie POYET.

L'orphelinat de Soeur Angélique.
Non, ce ne sont pas les sacs dans lesquels les cigognes apportent les bébés en Afrique ! Ce sont des moustiquaires repliées pendant la journée et dont on recouvre la nuit le lit des enfants.

 

Sur le corps fragile de ces bouts de chou, l'ostéopathie douce POYET fait des merveilles. Et ils adorent çà ! Et quand on est trop petit pour avoir une vraie séance, on remplace l'ostéopathie par des calins.


Missions 2003 et 2004 au CONGO
 

Du 11 au 25 septembre 2003, une nouvelle mission a conduit notre groupe au CONGO BRAZZAVILLE. Objectif de cette année : former des praticiens locaux en ostéopathie douce Poyet et en auriculothérapie sans aiguilles.

Rue des Compagnons de BRAZZA, derrière la grande Poste centrale. C'est là. C'est le siège de l'association TH.E.HO.S. (comprenez THérapies Energie HOméopathie Santé). Un bureau avec des Matières Médicales homéopathiques studieusement surlignées, un autre bureau avec une table d'ostéopathie, et un local dont les murs sont tapissés de petites cases contenant les tubes de granules et les fioles de gouttes homéopathiques. L'endroit est calme. Cette petite maison blanche au fond de la rue, c'est un peu l'aboutissement d'années d'efforts. A l'origine de toute l'histoire, il y a une femme, Liliane DELACOUR, kinésiologue à BRAZZAVILLE. De quoi dispose-t-elle alors ? D'une ténacité à toute épreuve, de quelques amis fidèles, et d 'un but : mettre à la disposition de la population des approches thérapeutiques douces, accessibles même aux plus défavorisés, complémentaires de la médecine allopathique et parfois alternatives à celle-ci. Cet objectif rejoint parfaitement le mien : apporter davantage d'autonomie en matière de santé publique aux pays les plus pauvres. Pendant huit mois, nous correspondons par mail. Sur place à BRAZZA, Liliane DELACOUR organise méticuleusement la formation. Elle informe les différents dispensaires de la ville, contacte les établissements religieux, les orphelinats, les foyers de personnes âgées... Au final, plus de trente praticiens s'inscrivent à la formation. Il y a là des kinésithérapeutes, des sages-femmes, des infirmiers, des étudiants... qui, pendant quatre jours, vont découvrir des approches thérapeutiques encore méconnues au CONGO. Et tout d'abord cette forme très particulière d'ostéopathie mise au point par Maurice POYET et que j'enseigne depuis plusieurs années en FRANCE, en BELGIQUE et en SUISSE. C'est un émerveillement pour moi de voir ces néophytes s'appliquer dès le cinquième jour à reproduire ce toucher si particulier, presque cet effleurage propre à l'ostéopathie POYET. Dès le cinquième jour en effet, les stagiaires se retrouvent en situation réelle, avec des patients informés eux aussi par voie d'affichage depuis plusieurs semaines. Chaque matin, ils sont là, plus de 30 et parfois le double, à attendre l'ouverture de notre dispensaire improvisé. Mes collègues et moi-même, nous passons de table en table, nous corrigeons un geste, nous vérifions le déroulement du protocole, nous expliquons et réexpliquons, nous posons notre main sur la main du stagiaire pour montrer le geste curateur...

Au bout de quelques jours, la télévision congolaise vient nous rendre visite. L'information sur ces médecines douces passera au journal télévisé et fera d'autre part l'objet d'une émission médicale. La radio aussi se déplace pour une interview. Le bouche-à-oreille, on s'en doute, se trouve ainsi démultiplié et le nombre de "patients" augmente de jour en jour. Il nous arrive fréquemment de revoir certaines personnes qui reviennent pour une deuxième consultation ou qui amènent un proche ou un ami. Nous pouvons ainsi vérifier l'efficacité de nos actes précédents. L'auriculothérapie sans aiguilles nous conduira, comme c'est souvent le cas, à des petits miracles qui étonnent autant les patients que les stagiaires. Untel arrive avec ses douleurs et repart sans elles. Une vieille femme arrive portée sur le dos de son petit-fils ; elle repartira sur ses jambes en s'appuyant à peine sur une canne. Un homme arrivé avec une canne repart sans sa canne... N'exagérons pas : les miracles n'ont pas lieu tous les jours. Pourtant, les résultats obtenus par chacun des stagiaires sont très gratifiants et laissent dans l'esprit de la population une empreinte très positive.

Pendant notre séjour, Liliane DELACOUR nous ouvre les portes d'un orphelinat et d'un foyer pour personnes âgées. Nous passerons quelques heures auprès des résidents à apaiser des douleurs ou rétablir un mouvement respiratoire harmonieux. Liliane nous emmène également à l'intérieur de plusieurs camps de réfugiés au sein desquels elle a déjà travaillé dans le domaine de l'homéopathie. C'est la désolation, la misère la plus totale. Les gens vivent dans un manque d'hygiène déplorable qui rend nos techniques de soins presque ridicules. Et pourtant, il faudrait avancer... Lorsque les stagiaires seront tous opérationnels, espérons que certains d'entre eux viendront donner un peu de leur temps dans ces camps où l'on manque de tout !

La conclusion de cette mission est claire : il faut ajouter à l'arsenal thérapeutique des pays d'AFRIQUE des approches douces, alternatives, qui ne nécessitent ni matériel ni investissement. L'association TH.E.HO.S. a déjà réalisé un travail exemplaire : une première formation en homéopathie avec un suivi pointilleux ; notre formation en ostéopathie Poyet et en auriculothérapie avec des supervisions pour s'assurer de la parfaite intégration des protocoles par chacun des stagiaires ; et voilà que Liu, notre chère et dynamique Liu, a décidé de se former à l'acupuncture. Les petites graines sont semées et nous savons qu'elles vont germer grâce à la ténacité de ces femmes de terrain qu'aucun obstacle ne décourage. Dans quelques semaines, de nombreux dispensaires de BRAZZA compteront en leur sein un homme ou une femme formé à nos techniques, qui mettra ses mains et son savoir-faire à la disposition des personnes qui souffrent.

Je tiens à remercier du fond du coeur toutes celles et tous ceux qui nous ont aidés sur place, à BRAZZAVILLE et qui, malgré les guerres, les peurs, les cicatrices, croient encore et toujours en un avenir meilleur pour leur pays et ses habitants. Je veux aussi remercier les jeunes femmes qui m'ont accompagné dans cette mission et qui se sont investies chaque jour auprès de la population en souffrance. Veerle, Catherine et Virginie seront sans aucun doute d'une autre mission. Et si quelqu'un, demain, puissant ou inconnu, souhaite nous aider à faire progresser nos projets au CONGO ou ailleurs, qu'il soit par avance remercié.


Du 1er au 12 novembre 2004, 10 personnes m'ont accompagné dans une nouvelle mission humanitaire au CONGO BRAZZAVILLE. De nouveaux praticiens ont été formés et d'anciens stagiaires sont venus se perfectionner. Parmi les résultats les plus éloquents, l'ouverture à BRAZZA d'au moins deux cabinets d'ostéopathie douce Poyet.